Alparslan Turkes et la politique extérieure turque

Une étude de Cemil Dogac Ipek, Docteur en Relations internationales à l’université Ataturk

Alparslan Turkes et la politique extérieure turque

Alparslan Turkes, une des figures importantes du domaine politique turc, a été commémoré quelques jours auparavant lors de diverses activités organisées en la présence du président Recep Tayyip Erdogan. Dans notre programme de cette semaine, nous allons analyser les points de vue d’Alparslan Turkes ainsi que leurs reflets sur la situation actuelle.

Pour bien comprendre la politique extérieure active menée actuellement par la République de Turquie, il est important d’étudier les exemples dans le passé. Dans ce sens, il faut également étudier les points de vue d’Alparslan Turkes concernant la politique extérieure du fait qu’ils ont dirigé un certain temps la politique intérieure et extérieure de la Turquie et aussi, pour comprendre leur équivalence et leur conséquence dans la géographie européenne.

Turkes est né en 1917 à Lefkosa, en Chypre. Il a émigré en Turquie avec sa famille en 1933. Les débats vécus durant la période de transition de l’Empire vers la République, et donc vers un Etat national, ainsi que le courant nationaliste discuté dans ce cadre, ont influencé les opinions du fondateur de la République de Turquie, Mustafa Kemal Ataturk, et le fondateur du parti de l’Action nationaliste, Alparslan Turkes.

Le discours prononcé par Alparslan Turkes à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Ziya Gokalp (connu comme l’initiateur d’Ataturk, le fondateur de la République de Turquie) est très significatif : « Notre voie est celle puisant sa force de Ziya Gokalp. Bien sûr, les jours que nous avons vécus nous ont apportés de nouvelles conditions. Une série de changements vont être effectués dans nos principes selon ces conditions. Mais notre principe de base n’a pas changé. Les principes de ‘Turquisation, Islamisation et Modernisation’ sont des principes préservant leur valeur aujourd’hui encore. »

Turkes définit la politique extérieure comme l’aménagement et l’exécution des relations entre un Etat avec les autres Etats de façon à assurer ses intérêts nationaux. Selon Turkes, le domaine géopolitique revêt une grande importance dans la détermination de la politique extérieure. Les relations avec les pays de la même géographie sont prioritaires.

Pour Turkes, les objectifs nationaux constituent le point de base pour la détermination de la politique extérieure. En tête de ces objectifs nationaux figurent l’indépendance de l’Etat et l’intégrité territoriale. Durant toute l’histoire, les nations ont œuvré pour avoir une structure politique plus puissante, une armée plus forte et une plus grande prospérité. C’est pourquoi, le deuxième objectif de la politique extérieure est d’arriver à atteindre ces desseins.

          Les politiques extérieure et intérieure puisent leur force l’une de l’autre et s’influencent réciproquement. D’après Turkes, s’il n’y a pas d’unité au sein d’un Etat, s’il n’y a pas de solidarité, de fidélité, de conscience et de sérénité, alors la politique extérieure de cet Etat sera faible. De même, plus la situation au sein du pays est forte et « en ordre », plus sa politique extérieure sera influente.

          Pour Turkes, les Nations Unies étaient importantes pour la libération des nations oppressées, la prospérité des peuples qui vivent des difficultés économiques et pour assurer la paix dans le monde. Toutefois, toujours selon Turkes, les Nations Unies n’arrivent pas à réaliser cette mission (en raison de la position privilégiée de certains pays au sein de l’ONU). Nous voyons qu’Alparslan Turkes et le président de la République de Turquie Recep Tayyip Erdogan perçoivent le sujet de la même façon et critiquent la structure inégale du Conseil de sécurité de l’ONU. D’ailleurs, M. Erdogan a porté cette situation à l’ordre du jour international en déclarant que « le monde est plus grand que cinq ».

          En 1933 Ataturk et en 1944 Alparslan Turkes avaient prédit que l’Union soviétique allait se dissoudre, ce qui a eu lieu en 1991.  L’histoire a donné raison à ces deux leaders. Turkes a indiqué comme tel, comment doivent être les relations de la Turquie avec les Républiques turques qui ont obtenu leur indépendance après la dissolution de l’Union soviétique: « Le rapprochement et la coopération étroite entre communautés turques ne nuiront jamais aux autres et n’auront jamais pour but d’attaquer qui que ce soit. La solidarité et la coopération souhaitées viseront à assurer la paix, la prospérité et le bonheur dans le monde. Où qu’ils vivent, les Turcs souhaitent toujours être en coopération étroite sur la base de l’amitié, la bonne intention et la paix, avec ses voisins ou les autres communautés avec lesquelles ils cohabitent. »

          Actuellement la politique extérieure est un des plus importants instruments d’interaction entre Etats. Un Etat fonde une relation avec les nations dans la même géographie que lui et avec les communautés ayant la même culture, via les instruments de politique extérieure. Si nous devons résumer cela dans le contexte des opinions d’Alparslan Turkes, un Etat doit utiliser tous ses moyens quand il établit ses politiques, mais sans mettre en péril son indépendance et son intégrité territoriale. Dans ce sens, les dirigeants de la République de Turquie doivent déterminer les intérêts nationaux quand ils forment leurs politiques extérieures, et agir selon ceux-ci. Pour cela, il faut bien analyser la situation dans laquelle se trouve la Turquie.

          Jusqu’à sa mort, Alparslan Turkes a continué de servir la nation turque et le monde turc. La lutte déterminée de Turkes est le bel exemple de sa dévotion à son pays et à sa nation. Aujourd’hui, sous le leadership de Recep Tayip Erdogan, la République de Turquie protège l’héritage légué par Ataturk et Turkes, et sert à la nation turque, le monde turc et l’humanité.

 

 



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