Crise des visas: Erdogan met le partenariat américain sur la sellette

« Si un ambassadeur peut annoncer au nom des États-Unis, dans un simple paragraphe, la suspension de l'octroi de visas aux ressortissants de son partenaire stratégique, alors moi, je réviserai ce partenariat stratégique », déclare le président turc

Crise des visas: Erdogan met le partenariat américain sur la sellette

Si un ambassadeur peut décider au nom de l'administration américaine, la Turquie révisera son partenariat stratégique, a déclaré le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.

Le chef d'État turc a prononcé un discours durant le TRT World Forum, jeudi à Istanbul.

Il a abordé la question des visas survenue avec les États-Unis, quand l'ambassade américaine a décidé de suspendre l'octroi de visa aux ressortissants turcs non-immigrants.

«Si un ambassadeur peut annoncer au nom des États-Unis, dans un simple paragraphe, la suspension de l'octroi de visas aux ressortissants de son partenaire stratégique, alors moi, je réviserai ce partenariat stratégique», a déclaré Erdogan.

Il a aussi critiqué l'inaction de Washington face aux dossiers qu'a fournis Ankara concernant les suspects terroristes.

«Nous avons transmis 85 colis de dossiers à notre partenaire stratégique mais n'avons reçu aucun soutien en retour, a-t-il lancé. Que devons-nous faire alors, nous qui croyons en la démocratie? Nous ferons alors le nécessaire suivant les principes démocratiques d'un État de droit.»

Erdogan a insisté que les pays qui se disent «démocrates», n'ont appelé la Turquie que plusieurs jours après le putsch avorté, rappelant que «le chef de FETO [responsable du putsch] dirige les activités de son organisation dans 170 pays, depuis la Pennsylvanie, où il s'était exilé en 1999».

Le président a ajouté que «ce chef de FETO, qui n'a d'ailleurs pas de capacité de gestion, est un personnage symbolique et d'autres personnes gèrent FETO en réalité».

Il a aussi reproché à d'autres pays, notamment de l'Europe, de ne pas agir sur les dossiers similaires qui leurs avaient été transmis.

«Qu'on sache la vérité, la Turquie a transmis 4 500 dossiers à l'Allemagne, sur l'organisation terroriste PKK, a fait savoir Erdogan. Nous n'avons reçu aucune réponse. Ces [terroristes] se déplacent librement en Europe, surtout en Allemagne. L'Union européenne (UE) reconnait le PKK comme organisation terroriste, dit-on. Voici que nous vous soumettons des dossiers de nos Services de Renseignement. Vous ne faites pas le nécessaire.»

Il a ajouté que les autorités françaises ont permis une manifestation des sympathisants du PKK dans leur pays, et a reproché aux États-Unis d'être «au côté des organisations terroristes PYD et YPG contre Daesh».

«Est-il logique d'éliminer une organisation terroriste avec l'aide d'une autre?», s'est demandé Erdogan, rappelant qu'il a appelé plusieurs fois l'administration américaine à coopérer, en vain.

Le président a précisé que 3 500 camions d'armes sont entrées dans le Nord de la Syrie, dont les organisations terroristes, y compris Daesh, se serviront.

«Disons que Daesh ne saisit pas d'armes, a-t-il poursuivi. Ces organisations terroristes [armées] ne constitueront-elles pas de risque pour mon pays par la suite?»

Le chef de l'État a de plus critiqué le système international qui «date de la Seconde Guerre mondiale».

Regrettant «le manque de justice dans le monde», Erdogan a fait remarquer que «celui qui est économiquement fort, a raison», ce qu'il considère comme étant «inadmissible».

Erdogan a ajouté que la démocratie qui ne satisfait plus les besoins et «qui est au bord d'une faillite», est remise en cause dans plusieurs endroits du monde, dont les universités américaines.

Il a conclu en insistant que le monde est «plus grand que les cinq pays du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU)».

 

 

 

 

 

 

 

 

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