Le régime Assad poursuit ses attaques sans pitié contre la Ghouta orientale

Une étude du Prof. Dr. Cengiz Tomar, membre du corps enseignant de la Faculté des sciences politiques de l’université Marmara, publiée par l’agence Anadolu

Le régime Assad poursuit ses attaques sans pitié contre la Ghouta orientale

Le régime Assad poursuit ses attaques sans pitié contre la Ghouta orientale, la plus belle banlieue de Damas, nommée dans les livres de géographies arabes comme le « paradis sur terre ». Comment vont vivre dorénavant les habitants de la Ghouta orientale avec leurs bourreaux ?

A l’heure où cet article a été écrit, près de 250 personnes ont perdu la vie et plus de 800 autres ont été blessés durant les trois derniers jours dans les centaines de raids aériens perpétrés contre la Ghouta orientale. Ces chiffres peuvent malheureusement s’accroitre et ce, au nez et à la barbe du monde entier et en plus, alors que la Ghouta orientale a été désignée zone de désescalade sous surveillance russe lors du processus d’Astana. Ceux qui ont provoqué un tollé général avec les calomnies selon lesquelles la Turquie a porté atteinte aux civils lors de l’opération à Afrine, joue les singes de la sagesse quand il est question de la Russie, du régime syrien et des Etats-Unis. Tout comme il l’a été en Bosnie et en Irak, quand les enfants qui meurent sont musulmans, ils n’ont aucune valeur.

Sans probablement se rendre compte du terme de « paradis sur terre » utilisé dans les livres de géographie pour la Ghouta orientale, le pauvre et impuissant secrétaire général de l’ONU a dit que ceux qui habitaient sous le siège de la Ghouta vivaient « l’enfer sur terre ». Ceux qui vivent sous le siège dans la Ghouta, disent eux, qu’ils « attendent la mort », car même s’ils arrivent à survivre des attaques du régime, ils vont mourir de faim et de maladie sous le siège. Le régime frappe avant tout les hôpitaux, tout comme il l’a fait auparavant à Alep et Idleb. La région appelée Ghouta est célèbre pour sa plaine et ses jardins verts historiques qui encerclent à l’est, à l’ouest et au sud la capitale Damas. Elle est perçue comme une des régions les plus fertiles au monde et alimente Damas. Les célèbres géographes arabes décrivent cette région comme un des plus beaux lieux du monde avec ses fleuves, ses arbres fruitiers, ses jardins et les demeures de l’élite de Damas. Même si une grande partie de la Ghouta s’est urbanisée, elle restait un terrain de pique-nique pour le peuple durant les printemps précédant la guerre. Le fleuve Barada qui divise Damas en deux ainsi que ses canaux passent par là. Sa population qui était de 50.000 à la fin de l’époque ottomane, s’est élevée à près de 400.000 par la suite. Un quart de cette population a quitté la région en raison de la guerre, donc il devrait rester près de 300.000 personnes dans la Ghouta orientale. Outre de nombreuses œuvres archéologiques, la région contient de nombreux tombeaux de sahabas. Elle était un des lieux préférés du conquérant de Jérusalem, Salah Addin Eyyoub.

Étant un des plus importants centres de la résistance anti-régime qui a vu le jour en 2011, et d’une importance stratégique en raison de sa proximité à la capitale Damas, la Ghouta orientale est assiégée par les forces d’Assad depuis avril 2013. Attaquant sans cesse la Ghouta orientale aussi bien avec des tirs de mortiers que des raids aériens, le régime a également restreint l’accès à la région des aides alimentaires et humanitaires. Deux groupes d’opposants (qui s’affrontent également de temps à autres) contrôlent la Ghouta orientale. Parmi ceux-ci, Faylaq al-Rahman est  un groupe rattaché à l’Armée syrienne libre commandé par Abdunnasir Samir, un ancien capitaine qui a quitté l’armée syrienne.  L’arme la plus développée qu’il détient est le missile anti-char américain BGM-71 TOW.

L’autre groupe est Jeysul-Islam, c’est-à-dire l’armée islamique. C’est le plus grand groupe de résistance de la Ghouta orientale. Il est rattaché au groupe al-Jebhetul-Islamiyyah, et non à l’Armée syrienne libre. Il possède divers types de missiles. Les attaques au missile réalisées contre Damas depuis la région, provoquent d’intenses bombardements du régime contre la Ghouta orientale.

La région assiégée n’a que deux liens avec le monde extérieur. L’un d’eux est le point de contrôle Vafidin à Douma. Le régime se trouve d’une part de ce point de contrôle, les notions de Jeysul-Islam de l’autre. Par ailleurs, il existe des tunnels souterrains, tout comme ceux entre Gaza et l’Egypte. Cependant ces tunnels ont été fermés ces derniers temps par le régime.

L’entrée dans la région des institutions d’aides onusiennes est fortement restreinte depuis septembre 2017. L’autorisation d’entrée accordée à ces institutions en novembre et en décembre, a quand même assuré un apaisement temporaire.

Les prix ont fortement augmenté en Ghouta orientale par rapport à Damas. Les habitants ne peuvent manger qu’un repas par jour. Près de 300.000 personnes ont besoin d’une aide alimentaire. Elles ont surtout des difficultés à trouver les deux aliments de base, le pain et le riz. Les mortalités infantiles liées à la malnutrition sont très élevées. Comme les personnes souffrantes ne peuvent sortir de la région, elles continuent de mourir.

La Ghouta orientale est frappée avec des bombes à vide, des bombes à sous-munition et des armes chimiques depuis un certain temps. Ces derniers jours, 6 hôpitaux listés par les Nations Unies ont été endommagés. En raison du siège qui dure depuis une longue période, il est difficile de trouver des médicaments et les produits alimentaires nécessaires. En poursuivant aussi longtemps le siège, le régime Assad applique une réelle technique du Moyen-Âge et n’offre que deux choix : soit les groupes de la région doivent se livrer, soit tout le peuple de la région va mourir en raison des bombardements, de la faim ou des maladies.

De plus, tout ceci a lieu devant les yeux de la communauté internationale moderne et civilisée.

 



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